en chiffres
Structures
Si le canton a évolué en 50 ans, l’agriculture n’est pas en reste. En 50 ans, près de la moitié des exploitations jurassienne a disparu. Celles qui ont résisté se sont agrandies et la moyenne des exploitations a plus que doublé passant de 18 ha en 1975 à plus de 42 ha aujourd’hui. Ce qui place le canton du Jura bien au-delà de la moyenne suisse (22 ha par exploitation).
En s’agrandissant, les exploitations se sont modernisées et spécialisées. La mécanisation a remplacé une partie de la main d’œuvre et les choix culturaux s’y sont adaptées (l’augmentation des cultures sarclées, par exemple, est étroitement liée à la disponibilité des machines). Le nombre de travailleurs à plein temps a baissé au même rythme que le nombre de ferme pour atteindre environ 1400 emplois en 2024 (près de 3’000 emplois au total). Ici aussi, c’est la moitié moins qu’il y a 50 ans, mais cela représente toujours 7% de la population active du canton, ce qui fait de l’agriculture un rouage important de l’économie régionale. La part d’exploitations de plus de 50 ha a fortement augmenté (plus de 30% des exploitations jurassiennes contre moins de 5% en 1975), absorbant le déclin des petites exploitations. En 2025, le paysage agricole jurassien comprend un tier d’exploitation de chaque catégorie (>50ha, 30-50 ha, et < 30 ha).
Production laitière
En 2025, 343 exploitation produisent du lait dans le Jura. 225 exploitations produisent du lait d’industrie (95 en Ajoie, 34 FM et 96 VD) et 118 du lait de fromagerie (41 en Ajoie, 66 FM, 11 VD).
La production de lait d’industrie se situe au-dessus des 62 mios de kg. Le volume de lait de fromagerie se situe à 28.8 mios de kg de lait.
La moyenne par producteur arrive à 265’486 kg (276’896 kg en lait d’industrie et 243’730 kg en lait de fromagerie). Avec 29 millions de kg destinés à la transformation en fromage, la part de lait de fromagerie est au-dessus des 31.5 % du lait produit dans le canton.
L’effectif de vaches laitières se situait en décembre 2025 à 522’004 têtes contre quelque 568’000 têtes en novembre 2016. Avec les gains de productivité, la diminution du cheptel n’a aucun effet sur les quantités produites qui restent donc stables en moyenne pluriannuelle. Elles varient d’une année à l’autre.
Pour le lait bio, la production annuelle 2025 s’est élevée à 13’099 tonnes dans le Jura, soit 14.4% de la production jurassienne. Le marché du lait bio reste très stable et sans augmentation notable sur les dernières années.
Le prix du lait PER en lait d’industrie dans la région fait lui office d’un suivi au sein de la région par AgriJura, via des données effectives de paies du lait au sein du rayon Mooh.
Production animale
L’évolution des cheptels est une autre preuve des changements structurels auxquels l’agriculture fait face.
Si l’augmentation des équidés, volaille, ovins et caprins ne vient pas concurrencer le cheptel bovin, elle montre néanmoins que les producteurs sont à la recherche de solutions. En 50 ans, c’est la production porcine qui s’est le plus diminué, passant de 16’000 porcs en 1975 à environ 9’000 aujourd’hui, malgré une embellie au début des années 2’000. Parallèlement, la production de volaille est en hausse constante, reflétant les changements de consommation dans la société.
Élevage chevalin
Tout comme les sapins des Franches-Montagnes, le cheval représente incontestablement pour les touristes une image très attractive du Jura. Cet animal revêt en outre une importance économique et socioculturelle essentielle pour le développement rural. Les activités liées au cheval s’intègrent dans l’objectif du tourisme doux: randonnées à cheval, en char attelé, en roulotte, en calèche… Le nombre de chevaux détenus dans le canton s’élève à 3 730 et la branche génère 584 emplois. La race Franches-Montagnes, dont l’élevage remonte à plus d’un siècle, fait partie intégrante du patrimoine jurassien. De nombreuses manifestations équestres portées par les éleveurs et les amateurs de chevaux animent la région, comme les concours hippiques, les concours d’attelage, les ventes de chevaux et surtout le fameux Marché- Concours de Saignelégier qui fait connaître le canton à plus de 40 000 visiteurs venant chaque année admirer quelque 400 chevaux le 2e week-end d’août (www.marcheconcours.ch). La Fédération jurassienne d’élevage chevalin s’investit avec beaucoup de dynamisme dans la promotion et la commercialisation des chevaux (www.cheval-jura.ch).
Grandes cultures
De par son climat et sa topographie, la vocation naturelle du canton du Jura est la production herbagère. La SAU jurassienne est occupée à 72% par des prairies permanentes et temporaires. Les 28% restants sont voués aux grandes cultures. Les productions aussi ont changés depuis 1975. La surface de céréales est en baisse alors que les cultures à haute valeur fourragère comme les oléagineux et les betteraves sont en augmentation constante depuis 1975. Elles sont préférées aux céréales fourragères dont la surface de production chute fortement depuis les années 1990. Ceci est certainement dû aussi à la baisse des prix qui touche le secteur céréales depuis ces années.
Agriculture durable
Le canton du Jura est le canton romand avec le plus haut taux de surfaces exploitées selon le cahier des charges biologiques et ce mode de production n’a cessé de poursuivre son essor depuis les années 2’000. Si 22% des agriculteurs jurassiens produisent selon les normes bio, plus de 99% respectent les prestations écologiques requises (PER), garantissant un mode de production durable et respectueux de l’environnement. En 50 ans, l’agriculture est passée d’un modèle productiviste à une approche plus multifonctionnelle et durable. Les milieux agricoles ont d’ailleurs dépassé les objectifs fixés par la Confédération en termes de mise en réseau de surfaces dédiées à la biodiversité. Dans le Jura, près de 8’000 hectares, soit 20% des surfaces agricoles, sont consacrés à la promotion de la biodiversité, alors que les exigences légales nous en imposent 7%. Nourrir la population de manière durable tout en minimisant les impacts sur l’environnement est aujourd’hui un enjeu majeur pour l’agriculture helvétique.

